Vous êtes propriétaire et le sigle "DPE" vous revient de plus en plus souvent aux oreilles ? Pas étonnant. Depuis le 1er janvier 2025, la réglementation a franchi un cap décisif : les logements classés G sont officiellement interdits à la location. Et ce n'est que le début d'un calendrier qui s'étend jusqu'en 2034. Vendre, louer, rénover… les règles du jeu ont profondément changé, et ignorer ces nouvelles obligations peut coûter cher — en amendes, en valeur patrimoniale perdue, ou tout simplement en opportunités manquées.
Bonne nouvelle : ces contraintes réglementaires sont aussi une formidable occasion d'améliorer le confort de votre logement, de réduire vos factures d'énergie et de valoriser votre bien sur le marché immobilier. Dans cet article, La Maison Des Travaux vous explique tout ce que vous devez savoir sur les nouvelles obligations liées au diagnostic de performance énergétique, les travaux à envisager, les aides disponibles et les erreurs à éviter.
Qu'est-ce que le DPE et pourquoi est-il devenu incontournable ?
Le diagnostic de performance énergétique (DPE) est un document officiel qui évalue la consommation d'énergie d'un logement et ses émissions de gaz à effet de serre. Il classe le bien sur une échelle allant de A (très performant) à G (très énergivore), selon deux critères principaux : la consommation énergétique en kWh/m²/an et les émissions de CO₂.
Depuis le 1ᵉʳ juillet 2021, le DPE est devenu opposable juridiquement : le propriétaire engage sa responsabilité en cas d'erreur ou de sous-évaluation. Ce changement a considérablement renforcé le poids du document dans les transactions immobilières et les relations bailleurs-locataires.
Les seuils de consommation à connaître
- Classe A : moins de 70 kWh/m²/an
- Classe B : de 70 à 110 kWh/m²/an
- Classe C : de 111 à 180 kWh/m²/an
- Classe D : de 181 à 250 kWh/m²/an
- Classe E : de 251 à 330 kWh/m²/an
- Classe F : de 331 à 420 kWh/m²/an
- Classe G : plus de 420 kWh/m²/an
Bon à savoir : En France, on estime à 3,9 millions le nombre de logements classés F ou G au 1ᵉʳ janvier 2025, soit 12,7 % du parc des résidences principales. Autant de propriétaires directement concernés par les nouvelles obligations.
Le calendrier des interdictions : ce qui est déjà en vigueur
La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a instauré un calendrier progressif d'interdictions de location pour les logements les plus énergivores. En voici les grandes étapes :
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023
La performance énergétique est officiellement intégrée aux critères de décence d'un logement. Un bien indécent sur le plan énergétique expose le propriétaire à des recours du locataire.
Depuis août 2022
Le gel des loyers s'applique aux logements classés F et G. Impossible d'augmenter le loyer, même lors du renouvellement du bail, tant que les travaux de rénovation nécessaires n'ont pas été réalisés.
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025
Interdiction totale de louer les logements classés G pour tout nouveau bail, renouvellement ou reconduction tacite. Cette mesure s'applique en France métropolitaine. Les contrats signés avant cette date restent valables jusqu'au prochain renouvellement — mais le compteur tourne.
À partir du 1ᵉʳ janvier 2028
L'interdiction s'étendra aux logements classés F. Les propriétaires ont encore un peu de temps pour anticiper, mais moins qu'ils ne le croient.
À partir du 1ᵉʳ janvier 2034
Ce seront les logements classés E qui entreront dans la catégorie des biens non décents et ne pourront plus être loués.
Bon à savoir : Ces interdictions concernent les contrats signés, renouvelés ou reconduits tacitement après chaque date d'entrée en vigueur. Si votre bail a été signé avant 2025, vous pouvez continuer à louer jusqu'au prochain renouvellement. Mais n'attendez pas cette échéance pour agir !
La réforme du calcul DPE au 1ᵉʳ janvier 2026 : une bonne nouvelle pour certains
Au-delà du calendrier des interdictions, une réforme importante du mode de calcul du DPE est entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2026. Elle concerne directement les logements chauffés à l'électricité.
Qu'est-ce qui change ?
Le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire, qui servait jusqu'alors de base au calcul, passe de 2,3 à 1,9. Cette modification vise à mieux refléter la réalité du mix énergétique français, fortement décarboné grâce au nucléaire, et à corriger un biais qui pénalisait injustement les logements chauffés à l'électricité.
Qui est concerné ?
Uniquement les logements équipés d'un système de chauffage électrique (radiateurs, plancher chauffant électrique, pompe à chaleur). Les biens chauffés au gaz ou au fioul ne sont pas impactés par ce changement de coefficient.
Quel impact concret ?
Selon les estimations gouvernementales, près de 850 000 logements devraient voir leur classe DPE s'améliorer automatiquement grâce à cette réforme. Certains biens actuellement classés G passeront en F, d'autres en F passeront en E — leur permettant de sortir du statut de passoire thermique sans travaux immédiats.
Bon à savoir : Si votre logement est chauffé à l'électricité et que votre DPE a été réalisé après le 1ᵉʳ juillet 2021, vous pouvez obtenir gratuitement un nouveau classement tenant compte du nouveau coefficient, sans nouvelle visite du diagnostiqueur.
Obligations à la vente : l'audit énergétique est-il obligatoire ?
La réglementation ne concerne pas uniquement les bailleurs. Les propriétaires souhaitant vendre leur bien sont également soumis à des obligations renforcées.
L'audit énergétique obligatoire
Depuis le 1ᵉʳ avril 2023, tout propriétaire d'une maison individuelle ou d'un immeuble en monopropriété classé F ou G doit fournir un audit énergétique à l'acheteur potentiel. Plus complet qu'un simple DPE, cet audit détaille les travaux à réaliser par ordre de priorité et chiffre les économies d'énergie attendues.
L'objectif est clair : permettre à l'acheteur d'intégrer le coût des travaux de rénovation énergétique dans sa décision d'achat, en toute transparence.
L'impact sur la valeur du bien : la "valeur verte"
Un logement bien classé vaut davantage. C'est ce qu'on appelle la "valeur verte" : à localisation comparable, un bien noté A ou B peut se vendre significativement plus cher qu'une passoire thermique classée F ou G. À l'inverse, une mauvaise étiquette énergétique peut entraîner une décote notable lors de la négociation.
Quels travaux pour améliorer votre DPE ?
Pour sortir du statut de passoire thermique et éviter les interdictions, les travaux de rénovation énergétique à envisager concernent plusieurs postes :
L'isolation thermique : la priorité n°1
C'est souvent le poste qui génère le plus de gains énergétiques. Les zones les plus importantes à traiter sont :
- La toiture (jusqu'à 30 % des déperditions thermiques)
- Les murs par l'intérieur (ITI) ou par l'extérieur (ITE)
- Le plancher bas (cave, garage, vide sanitaire)
- Les menuiseries (fenêtres, portes-fenêtres, portes d'entrée)
Le système de chauffage
Remplacer une vieille chaudière au fioul ou au gaz par une pompe à chaleur air/eau (PAC) ou un système de chauffage à énergie renouvelable peut faire monter votre DPE de plusieurs classes d'un seul coup.
La ventilation
Un logement bien isolé sans ventilation efficace accumule humidité et polluants. L'installation d'une VMC double flux complète utilement les travaux d'isolation.
Bon à savoir : Il est fortement recommandé de réaliser les travaux dans le bon ordre : d'abord l'isolation, ensuite le chauffage. Faire l'inverse peut surdimensionner le système de chauffage et réduire les économies attendues.
Les aides financières disponibles en 2026
La rénovation énergétique représente un investissement — mais l'État et les collectivités proposent des aides substantielles pour l'alléger.
MaPrimeRénov'
Le dispositif phare de l'État, géré par l'ANAH, subventionne une large gamme de travaux : isolation, chauffage, ventilation. En 2026, MaPrimeRénov' Rénovation d'ampleur encourage les propriétaires à mener des projets globaux plutôt que des interventions isolées, avec des taux de financement pouvant atteindre 70 % du montant des travaux selon les revenus.
L'éco-PTZ (éco-prêt à taux zéro)
Ce prêt sans intérêt, jusqu'à 50 000 €, permet de financer des travaux de rénovation énergétique sans avance de trésorerie. Accessible à tous les propriétaires occupants et bailleurs, il peut être cumulé avec MaPrimeRénov'.
La TVA réduite à 5,5 %
Les travaux de rénovation énergétique bénéficient d'un taux de TVA réduit à 5,5 % au lieu de 20 %, à condition que les travaux soient réalisés par une entreprise certifiée RGE (Reconnu Garant de l'Environnement).
Les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE)
Les fournisseurs d'énergie financent une partie des travaux en contrepartie d'économies d'énergie certifiées. Ces aides sont cumulables avec MaPrimeRénov'.
🏠 L'accompagnement La Maison Des Travaux
Vous n'êtes pas seul face aux nouvelles obligations DPE.
Chez La Maison Des Travaux, nos courtiers en travaux vous accompagnent à chaque étape de votre projet de rénovation énergétique :
✓ Analyse de votre situation : DPE actuel, travaux prioritaires, calendrier réglementaire applicable ✓ Sélection d'artisans certifiés RGE dans votre secteur, rigoureusement sélectionnés ✓ Coordination complète du chantier : un seul interlocuteur pour tous les corps de métier ✓ Optimisation des aides financières : MaPrimeRénov', éco-PTZ, CEE, TVA réduite — nous vous aidons à mobiliser tous les dispositifs auxquels vous avez droit ✓ Suivi jusqu'à la réception des travaux pour que chaque poste soit réalisé dans les règles de l'art
Que vous soyez propriétaire occupant souhaitant améliorer votre confort ou bailleur cherchant à sécuriser votre investissement locatif, nos experts sont là pour transformer une contrainte réglementaire en véritable opportunité.
Témoignage : quand la contrainte devient opportunité
« Quand j'ai appris que ma maison était classée G, j'ai d'abord paniqué. J'avais un locataire en place et je ne savais pas par où commencer. La Maison Des Travaux m'a guidé pas à pas : un état des lieux précis, des artisans sérieux pour l'isolation des combles et le remplacement de la chaudière, et surtout une aide pour monter le dossier MaPrimeRénov'. Résultat : ma maison est aujourd'hui classée D, mon locataire est ravi du confort en hiver, et ma facture d'énergie a baissé de 40 %. Je regrette de ne pas l'avoir fait plus tôt. » — Frédéric M., propriétaire bailleur en Essonne
Conclusion : agir maintenant, c'est valoriser demain
La réglementation DPE n'est pas une contrainte passagère. Elle s'inscrit dans une tendance de fond qui va s'amplifier d'ici 2034. Attendre, c'est prendre le risque de perdre des revenus locatifs, de subir une décote à la revente ou de devoir mener des travaux dans l'urgence — souvent plus coûteux que lorsqu'ils sont planifiés.
Agir dès aujourd'hui, c'est au contraire transformer cette obligation en atout : logement plus confortable, charges réduites, patrimoine valorisé. Et avec les aides actuellement disponibles, c'est le bon moment pour se lancer.
Vous souhaitez faire le point sur la situation de votre bien ? Parlons de votre projet. Nos courtiers en travaux sont disponibles pour une première consultation, sans engagement, pour vous aider à définir la stratégie de rénovation adaptée à votre logement et à votre budget.
FAQ — Vos questions sur les obligations DPE
Mon bail a été signé avant 2025. Puis-je continuer à louer mon logement classé G ? Oui, tant que le bail est en cours, vous pouvez continuer à louer. Mais l'interdiction s'appliquera dès le premier renouvellement ou reconduction tacite. Mieux vaut anticiper les travaux plutôt que d'attendre cette échéance.
Mon logement chauffé à l'électricité va-t-il automatiquement changer de classe en 2026 ? Peut-être. La réforme du coefficient de conversion entrée en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2026 permet à environ 850 000 logements chauffés à l'électricité de gagner une classe énergétique. Si votre DPE a été réalisé après juillet 2021, vous pouvez demander gratuitement un nouveau classement sans nouvelle visite.
Quelles aides puis-je cumuler pour financer mes travaux de rénovation énergétique ? Vous pouvez cumuler MaPrimeRénov', l'éco-PTZ, les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) et la TVA réduite à 5,5 %. Le montant total des aides dépend de vos revenus, du type de travaux et de la performance énergétique atteinte. Un courtier en travaux peut vous aider à optimiser ce financement.
L'audit énergétique est-il obligatoire pour vendre ma maison classée F ? Oui. Depuis le 1ᵉʳ avril 2023, les propriétaires d'une maison individuelle ou d'un immeuble en monopropriété classé F ou G doivent fournir un audit énergétique complet à l'acheteur. Cet audit détaille les travaux recommandés et les économies attendues.
Combien de temps faut-il pour améliorer son DPE d'une classe ? Cela dépend des travaux réalisés et de la situation de départ. Un chantier d'isolation des combles et de remplacement du système de chauffage peut se réaliser en quelques semaines et permettre de gagner deux classes ou plus. Une rénovation globale prend davantage de temps, mais bénéficie d'aides renforcées via MaPrimeRénov' Rénovation d'ampleur.
